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    « Ne fréquente pas ceux qui sont à moitié amoureux,

     

    Ne sois pas l’ami de ceux qui sont à moitié des amis …

     

    Ne lis pas ceux qui sont à moitié inspirés.

     

    Ne vis pas la vie à moitié

     

    Ne meurs pas à moitié

     

    Ne choisis pas une moitié de solution

     

    Ne t’arrête pas au milieu de la vérité

     

    Ne rêve pas à moitié

     

    Ne t’attache pas à la moitié d’un espoir

     

    Si tu te tais, garde le silence jusqu’à la fin, et si tu t’exprimes,

     

    exprime-toi jusqu’au bout aussi.

     

    Ne choisis pas le silence pour parler, ni la parole pour être silencieux …

     

    Si tu es satisfait, exprime pleinement ta satisfaction et ne feins pas d’être à moitié satisfait …

     

    Et si tu refuses, exprime pleinement ton refus, car refuser à moitié c’est accepter...

     

    Vivre à moitié, c’est vivre une vie que tu n’as pas vécue …

     

    Parler à moitié, c’est ne pas dire tout ce que tu voudrais exprimer,

     

    sourire à moitié, c’est ajourner ton sourire,

     

    aimer à moitié, c’est ne pas atteindre ton amour

     

    être ami à moitié c’est ne pas connaître l’amitié …

     

    Vivre à moitié, c’est ce qui te rend étranger à ceux qui te sont les plus proches,

    et les rend étrangers à toi …

     

    La moitié des choses, c’est aboutir et ne pas aboutir, travailler et ne pas travailler,

    c’est être présent et … Absent …

     

    Quand tu fais les choses à moitié, c’est toi, quand tu n’es pas toi-même, car tu n’as

    pas su qui tu étais. C’est ne pas savoir qui tu es …

     

    Celui que tu aimes n’est pas ton autre moitié … C’est toi même,

    à un autre endroit, au même moment.

     

    Boire à moitié n’apaisera pas ta soif, manger à moitié ne rassasiera pas ta faim …

     

    Un chemin parcouru à moitié ne te mènera nulle part …

     

    Et une idée exprimée à moitié ne donnera aucun résultat …

     

    Vivre à moitié, c’est être dans l’incapacité et tu n’es point incapable …

     

    Car tu n’es pas la moitié d’un être humain

     

    Tu es un être humain…

     

    Tu as été créé pour vivre pleinement la vie, pas pour la vivre à moitié …»

     

     

    (Khalil Gibran)

     

     

    Vivre pleinement

     

     
     
     
     
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    Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,


    Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,


    Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,


    Vous me dites enfin que je suis fatigué.

     

    Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.


    J'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,


    Je m'endors épuisé, je me réveille las,


    Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.


    Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.


    La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.


    On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !


    Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?

     

    Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,


    Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,


    N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...


    Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...


    Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...


    Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;


    Elle fait le front lourd, l'œil morne, le dos rond.


    Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...

     

    Mais se sentir plier sous le poids formidable

     

    Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,


    Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,


    Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,


    Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,


    Aider une existence à continuer sa course,


    Et pour cela se battre à s'en user le cœur...


    Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.

     

    Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,


    On va aider un être à vivre ou à survivre ;


    Et sûr qu'on est le port et la route et le quai,


    Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?


    Ceux qui font de leur vie une belle aventure,


    Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,


    Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus


    Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.

     

    La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,


    C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.


    C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,


    Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.


    C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,


    C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.

     

    Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,


    J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;


    Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,


    Et ma fatigue alors est une récompense.

     

    Et vous me conseillez d'aller me reposer !


    Mais si j'acceptais là, ce que vous me proposez,


    Si j'abandonnais à votre douce intrigue...


    Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.

     

     

    Robert Lamoureux 

     

     

    Eloge de la fatigue

     


      

     

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