• TOUT SEUL

     

     

    « Je me suis fait tout seul, moi ! »


    C’est une phrase qu’on entend régulièrement.

    Généralement dans la bouche de quelqu’un qui a « réussi »,

    sportif accompli, entrepreneur à succès, célébrité.



    On sent derrière ces mots une foule de sentiments mêlés : la fierté légitime

    du parcours accompli, une pincée d’orgueil, un brin de revanche sur la vie.

     

    Et surtout, un appel : « Regardez-moi, admirez-moi, aimez-moi ! ».

     

    Lorsque j’entends cette phrase, je me demande toujours si la personne

    se rend bien compte de ce que cela veut dire.



    Se faire tout seul.

     

    Quelqu’un qui se serait « fait tout seul » n’a donc jamais eu sur son parcours

    de sage-femme pour l’aider à sortir du ventre de sa mère,

    puis l’enrouler dans une couverture et l’accueillir au monde avec un sourire ?



    Pas non plus de maîtresse d’école pour l’encourager au moment d’apprendre

    à lire, ou de tracer ses premières lettres sur un tableau noir ?

    Pas d’ami, aucun parent, aucune voix gentille qui l’aurait soutenu,

    dans un moment de tristesse ou de deuil ?

    Pas la moindre faiblesse, pas de doute, pas de regret qui l’amène à

    se confier à quelqu’un d’autre, à compter sur quelqu’un d’autre ?



    Cette personne a toujours tout fait, toute seule !


    Il me semble que c’est un regard inexact sur la vie.



    Chaque homme, chaque femme, est une aventure pleine de rencontres,

    d’expériences dont certaines, lumineuses, éclairent la vie alors que

    d’autres,  plus négatives, l’assombrissent.

    Toutes contribuent à nous construire, à nous « faire ».



    Il est vrai que la détermination et la volonté comptent beaucoup dans le succès.

    Mais le hasard, la chance, la main qu'on nous tend parfois ?

    Ça aussi, ça compte, alors pourquoi ne pas le dire ?



    Quelle part de ce que nous accomplissons nous échappe ?

    Quelle part de ce que nous sommes devons-nous aux autres ?

     

    Une vertu qui aide à guérir


    Dans la vie de tous les jours, la vie professionnelle, personnelle,

    amoureuse ou amicale, la force et la réussite sont des vertus qui ne doivent

    pas en écraser une autre : la gratitude.



    Et il en va de même face à la maladie.

    On sait depuis longtemps que la détermination à vivre est un des ciments de la

    guérison chez un malade. De nombreuses études ont montré qu’un état d’esprit

    combattif pouvait aider à triompher de maladies aussi graves que le cancer.



    Mais le malade doit aussi cultiver l’humilité, pour regarder en

    lui avec toute la vérité qui est nécessaire.



    Des psychologues anglais ont montré que les personnes à qui ils

    avaient demandé d’éprouver chaque jour un peu de reconnaissance avaient,

    au bout de deux semaines, un meilleur sommeil et une tension artérielle

    abaissée par rapport à un groupe comparable 



    Une équipe irlandaise a montré qu’en seulement trois semaines,

    un groupe de personnes qui devaient noter chaque jour 5 choses dont

    elles se sentaient reconnaissantes voyaient leur niveau de stress

    et de dépression chuter jusqu’à 27 %

    (aucun effet n’a été noté dans un groupe comparable où chacun devait

    simplement noter 5 choses qui lui étaient arrivées dans la journée).



    « Notre corps aime la vérité », disait le Dr David Sevran-Schreiber.



    Et la vérité impose de se dire que nous avons besoin des autres,

    que nous leurs sommes redevables, au moins un petit peu.


    Alors s’ouvrent des portes insoupçonnables.

    Face à la maladie, gratitude et humilité peuvent conduire à se poser

    des questions déterminantes pour guérir :



    Ai-je été jusqu’à présent la personne que je veux vraiment être ?

    Ai-je dit à ceux qui m’entouraient à quel point ils comptaient pour moi ?

    Si je peux être légitimement fier de mes réussites, ai-je accepté mes erreurs ?

    Etc.


    Faire ce « travail » d’humilité, dans le fond, c’est ce qui peut nous

    rendre le plus grand service.

    Reconnaître ses torts, reconnaître ce qu’on

    doit aux autres, ce n’est pas un aveu de faiblesse.

     

    C’est tout simplement remettre la balance à l’équilibre.

     

    Et l’équilibre, c’est toujours ce que notre corps réclame

    pour affronter l’adversité.

     


    Gabriel Combris

     

     

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